Technologie et loisir : 3 constats à retenir de la Conférence annuelle du loisir municipal

Découvrez les sujets de l'heure concernant l’utilisation des technologies dans le secteur des loisirs.

Renaud Beaulieu-Labbé
Renaud Beaulieu-Labbé
9 octobre 2019 5 min de lecture

Le rendez-vous incontournable du loisir municipal québécois, la Conférence annuelle du loisir municipal, vient de se terminer et de réunir plus de 600 professionnels passionnés. Des représentants de toutes les villes et les municipalités du Québec se sont rendus à Laval, du 2 au 4 octobre dernier, afin de discuter des nouvelles tendances de leur secteur, de découvrir des pratiques novatrices et de rencontrer les nouveautés des fournisseurs de service.

Depuis 2015, l’équipe d’Amilia se rend sur place afin de rencontrer ces acteurs : directeur des loisirs, coordonnateur de programme, responsable des infrastructures, etc. Tous ces travailleurs en loisir sont des influenceurs et des leaders dans leur domaine. Comme Biz, membre du groupe Loco Locass, l’a si bien dit lors de sa conférence, « les travailleurs en loisir sont comme le vent. On ne les voit pas, mais on voit le résultat de leurs actions. Leur souffle engendre le mouvement. Ils sont des ingénieurs sociaux qui bâtissent des ponts entre les citoyens. Ils forment une mafia humaniste qui œuvre pour le bien public ».

Cette année, l’équipe d’Amilia a eu la chance de s’entretenir avec ces professionnels lors de notre panel intituler « Repenser la Ville Intelligente pour vos loisirs municipaux ». Trois de nos partenaires partageaient la scène avec nous : Citadel, Énergère et K2 Geospatial. Plusieurs conversations animées ont surgi lors de cet atelier, à notre grand plaisir.

Voici un résumé de trois constats réalisés à la Conférence annuelle du loisir municipal en lien avec l’utilisation des technologies dans ce secteur.

L’utopie des technologies ouvertes

Un sujet qui a fait beaucoup jaser cette année dans le monde municipal est l’interopérabilité des systèmes. Souvent appelée « open APIs » ou « technologies ouvertes », cette composante permet aux différents logiciels utilisés par les organisations municipales de se parler entre eux et de partager leurs données en temps réel. Imaginez ne pas avoir à faire de la double ou même de la triple saisie de vos données sur vos plateformes, magique n’est-ce pas?

Pourtant, même si les logiciels ouverts sont disponibles depuis plusieurs années sur le marché, comment pouvons-nous expliquer le fait que la majorité des départements de loisir utilisent encore des plateformes désuètes? La réponse est venue directement des participants à notre panel.

  • Les appels d’offres. Malheureusement, ce processus qui auparavant était utile dans l’octroi de contrat est maintenant désuet. Les appels d’offres sont encore utiles pour assurer une certaine transparence, mais ils doivent être adaptés pour les technologies : on n’achète pas du logiciel comme on achète de l’asphalte. Les villes et municipalités ont une responsabilité: celle de poser des questions et d’exiger de leurs fournisseurs l’utilisation des technologies ouvertes.
  • Le manque de transversalité entre les différents départements des villes. La transition vers les technologies ouvertes semble logique. Cependant, certains départements veulent garder la solution en place et ne veulent pas s’en départir, car ça « marche ». Pourtant, les organisations municipales ne devraient pas se contenter du strict minimum. Chaque département devrait avoir la liberté de choisir un logiciel qui excelle dans sa branche (loisir, finance, urbanisme, etc.) et s'assurer que ce dernier puisse partager ses données avec l'ensemble de l'écosystème municipal. Après tout, chaque département à ses propres besoins, alors pourquoi imposer l'utilisation d'une solution unique et désuète?

Le citoyen au cœur des décisions

L’un des mythes les plus populaires en ce qui concerne le concept de Ville Intelligente est l’importance accordée aux technologies. Oui, les technologies sont indissociables de la Ville Intelligente, mais elles représentent seulement un levier afin d’arriver à bien desservir les citoyens.

Par conséquent, les Villes Intelligentes ne sont pas nécessairement celles qui ont des trottoirs qui s’illuminent, mais bien celles où les citoyens se retrouvent au centre des décisions. Il peut s’agir ici d’un réaménagement de certains espaces de la ville permettant une meilleure accessibilité aux résidents ou même de mettre sur pied une démocratie participative afin d’impliquer les citoyens dans les décisions prises par la municipalité.

Les villes ne doivent pas centrer leurs efforts sur « l’effet wow », mais bien sur les besoins fondamentaux de leurs citoyens. Ceux-ci consomment déjà en ligne et ils ont les mêmes attentes envers leur ville et leur département des loisirs.

La peur du changement

Les technologies ouvertes semblent être un choix logique pour les villes et ont même l’air « faciles » à adopter ou à mettre en place. Pourtant, ce n’est pas nécessairement le cas. Lors de notre panel, nous avons constaté le fait que les travailleurs en loisir rencontraient quotidiennement plusieurs défis qui les empêchent d’entreprendre des initiatives dites « intelligentes ».

L’un d’eux était la peur du changement. La plupart des acteurs en loisir s’y connaissent plus ou moins à propos des nouvelles technologies disponibles pour eux. Il existe clairement un manque d’éducation par rapport à celles-ci et les professionnels du loisir se sentent dans le néant lorsque le sujet aboutit sur la « Ville Intelligente ». Il est donc totalement normal d’être craintif pour passer à une technologie qui nous est méconnue.

Mais comment faire face à cette problématique? Plusieurs ressources existent pour les gestionnaires de loisir. Par exemple, l’AQLP a une banque de formation pour ceux souhaitant acquérir plus de connaissances et l’UMQ possède un outil d’autodiagnostic de la Ville Intelligente.

Notre prochain rendez-vous

Vous ne pouviez pas être présent à la CALM? Aucun problème! Nous serons aussi au Sommet international de l’innovation en villes médianes (SIIViM) du 13 au 15 novembre à Shawinigan avec nos partenaires Citadel, Énergère et K2 Geospatial. C’est un rendez-vous!

De plus, si vous voulez en apprendre plus sur l'interopérabilité des systèmes et d'autres technologies qui pourraient aider votre ville et son département de loisir, visionnez notre webinaire juste ici.

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